Le Syndrome du Bébé Secoué
Un acte de maltraitance qui touche en moyenne plus de 400 bébés chaque année en France, soit plus d'un bébé par jour !Le SBS est un geste violent qui détruit des vies : celle de l’enfant victime mais également celles de ses proches.
Ne secouez jamais un bébé !
Syndrome du bébé secoué (« SBS »)
Secouer c'est tuer, secouer c'est handicaper à vie !
Le syndrome du bébé secoué (SBS) est une forme extrêmement grave de maltraitance : un secouement violent qui provoque un traumatisme crânien non accidentel (« TCNA »). Ce n’est jamais un accident, ni un simple « geste maladroit »
Victimes chaque année
400 à 500+
Bébés concernés
chaque année en France
Décès
10 à 20 %
des bébés secoués
ne survivent pas
Séquelles lourdes
≈ 75 %
gardent des handicaps
graves et définitifs
Répétition des violences
≈ 55 %
des enfants sont secoués
plusieurs fois (≈ 10 épisodes)
Ces chiffres proviennent d’études nationales récentes, de la Haute Autorité de Santé, de Santé publique France et du Ministère chargé de la protection de l’enfance.
Comprendre
Le syndrome du bébé secoué, de quoi s'agit-il ?
Le syndrome du bébé secoué (« SBS ») est un traumatisme crânien non accidentel par secouement : un adulte secoue violemment un nourrisson, avec ou sans choc contre un support. Ces secousses brutales font bouger la tête de l’enfant d’avant en arrière et sur les côtés, son cerveau heurte alors la boîte crânienne et des vaisseaux se déchirent.
Un geste de violence, pas un accident
Le SBS est classé parmi les maltraitances physiques les plus graves chez le nourrisson. La Haute Autorité de Santé (HAS) parle de traumatisme crânien non accidentel : par définition, il ne peut pas s’agir d’un simple jeu, d’un « mouvement un peu brusque » ou d’une chute banale.
Les gestes du quotidien (promenade en poussette, voiture, jeux adaptés, mouvements spontanés de l’enfant) ne suffisent jamais à provoquer les lésions retrouvées dans le syndrome du bébé secoué.
Que se passe-t-il dans le corps du bébé ?
Lors d’un secouement violent, la tête du nourrisson subit un mouvement en « coup de fouet » : le cerveau est projeté contre les parois du crâne, les veines qui le relient aux méninges peuvent se rompre, provoquant notamment :
- des hématomes sous-duraux (saignements autour du cerveau)
- des hémorragies de la rétine (yeux)
- des lésions de la moelle épinière et d’autres lésions osseuses ou cutanées possibles
La violence subie est parfois comparée à celle d’un accident de la route à grande vitesse pour un adulte.
Repérer & agir
Les signes qui doivent alerter
Les symptômes peuvent être brutaux ou plus discrets. Tous ne sont pas forcément présents, et certains peuvent être liés à d’autres pathologies : seul un médecin peut trancher. En cas de doute, il faut consulter en urgence.
- bébé inhabituellement calme, moins réactif, « dans sa bulle »
- contact visuel diminué, regard figé ou qui ne suit plus
- modification de son tonus (mou, « tout flasque » ou au contraire très raide)
- diminution de ses compétences (par exemple, il ne tient plus sa tête alors qu’il y arrivait)
- pleurs inhabituels, irritabilité extrême ou au contraire somnolence marquée
- troubles de la coordination, mouvements inhabituels
- convulsions, crises avec secousses ou regard fixe
- vomissements répétés, surtout sans fièvre ni diarrhée
- pâleur intense, difficultés respiratoires, pauses respiratoires
- augmentation rapide du périmètre crânien, bombement de la fontanelle
- perte de connaissance, bébé impossible à réveiller
Ces signes ne sont pas spécifiques au SBS, mais leur présence impose une consultation médicale urgente, surtout s’ils surviennent sans explication ou après un récit peu crédible concernant l’origine des symptômes.
À l’hôpital, le diagnostic repose sur un examen clinique complet et un bilan spécialisé (imagerie cérébrale, fond d’œil, imagerie du squelette, etc.). L’objectif est :
- de prendre en charge l’urgence vitale
- d’identifier les lésions cérébrales, oculaires et osseuses
- de distinguer un traumatisme accidentel d’un traumatisme infligé
- de protéger immédiatement l’enfant si une maltraitance est suspectée
Le signalement aux autorités (parquet, CRIP) est une obligation légale pour les professionnels en cas de suspicion de maltraitance. C’est une mesure de protection pour l’enfant, pas une accusation gratuite.
Chiffres & épidémiologie
Combien de bébés sont concernés ?
Les données françaises restent encore incomplètes. Beaucoup de cas ne sont ni diagnostiqués ni signalés. Les études disponibles montrent toutefois l’ampleur de cette maltraitance et l’urgence d’agir.
400 à 500+
bébés par an
Hospitalisés pour un traumatisme crânien attribuable à des secouements, soit plus d’un bébé chaque jour en France.
10 à 20 %
de décès
Entre 1 et 2 bébé(s) sur 10 ne survivent pas au syndrome du bébé secoué
≈ 75 %
séquelles à vie
Parmi les survivants, les trois quarts gardent des séquelles lourdes : troubles cognitifs, moteurs, visuels, comportementaux, etc.
≈ 55 %
violences répétées
Dans plus d’un cas sur deux, l’enfant a été secoué plusieurs fois, parfois une dizaine de fois, avant le diagnostic.
Ces chiffres sont issus de travaux de Santé publique France (Bulletin épidémiologique hebdomadaire), de la Haute Autorité de Santé, de la campagne gouvernementale « Stop bébé secoué » (2022) et d’études pédiatriques récentes.
Des travaux conduits à l’hôpital Necker-Enfants malades (AP-HP) ont montré qu’en région parisienne, l’incidence a doublé en 2021 et la mortalité a été multipliée par neuf pendant la pandémie de Covid-19, illustrant la vulnérabilité des nourrissons en contexte de crise. Consciente des risques, notre association a mis en place de nombreux outils novateurs de prévention et de sensibilisation digitalisés tout au long de cette période de confinements successifs.
Portraits & facteurs de risque
Qui sont les enfants victimes ? Qui secoue ?
Les bébés les plus exposés
Le SBS touche principalement les enfants de moins de 2 ans, et presque toujours des nourrissons de moins de 1 an.
- Dans environ 2 cas sur 3, le bébé a moins de 6 mois.
- On observe un pic autour de 2 à 3 mois, période où les pleurs sont particulièrement fréquents et intenses.
- Les garçons sont sur-représentés parmi les victimes.
La vulnérabilité du nourrisson (tête lourde, muscles du cou immatures, cerveau en plein développement) explique la gravité des lésions.
Facteurs de risque liés au bébé :
- sexe masculin ;
- prématurité ou complications médicales à la naissance
- grossesses multiples ou très rapprochées
- séparation mère / enfant en période néonatale
- pleurs fréquents ou difficiles à consoler
- troubles du sommeil ou de l’alimentation
Les auteurs : pas de profil unique
Toutes les catégories sociales, économiques et culturelles peuvent être concernées. Il n’existe pas de portrait-robot du « secoueur ».
Les études françaises montrent cependant que :
- les hommes (père, beau-père ou compagnon) représentent la majorité des auteurs
- les assistant(e)s maternel(le)s / gardes à domicile sont fréquemment impliquées
- les mères sont les autrices dans une minorité de cas
Facteurs de risque chez l’adulte :
- stress intense, épuisement, isolement social
- antécédents de violence subie, violences conjugales
- addictions (alcool, drogues)
- méconnaissance des besoins et du développement du bébé
- grossesse non désirée ou contexte de grande précarité
Ces facteurs n’excusent jamais la violence. Ils soulignent cependant l’importance de la prévention, du soutien à la parentalité et de l’accompagnement des professionnels de la petite enfance.
Prévenir
Comment éviter d’en arriver au secouement ?
La majorité des auteurs décrivent un moment où ils se sont sentis débordés par les pleurs, la fatigue, le stress, la colère. La prévention consiste à anticiper ces moments et à diffuser un message simple : « On ne secoue jamais un bébé », mais on peut demander de l’aide.
Un nourrisson en bonne santé peut pleurer plusieurs heures par jour au pic de ses pleurs, surtout entre 2 et 3 mois. C’est son seul moyen d’exprimer ses besoins ou son inconfort.
Face aux pleurs de bébé, vérifier :
- qu’il a mangé et qu’il n’a pas de fièvre
- qu’il n’a ni trop chaud ni trop froid
- que sa couche est propre
- que l’environnement n’est pas trop bruyant ou stimulant
- qu’il n’a pas besoin d’être changé de position, rassuré, porté ou bercé doucement
Un bébé ne risque rien à pleurer quelques minutes dans son lit en sécurité. Il est en danger dans les bras d’un adulte à bout de nerfs.
Si vous sentez que la colère ou la fatigue montent :
- posez le bébé en sécurité sur le dos dans son lit
- quittez la pièce quelques minutes pour respirer, boire un verre d’eau
- prévenez un proche pour prendre le relais si possible
- parlez de votre épuisement à un professionnel de santé, à la PMI ou à votre médecin
Ne pas réussir à calmer son bébé ne fait pas de vous un mauvais parent ou un mauvais professionnel. Secouer un bébé, en revanche, est un geste extrêmement dangereux qui peut le tuer ou le rendre handicapé à vie. SECOUER UN BEBE BRISE DES VIES : la sienne en premier lieu, celle de son entourage, la votre !
Besoin d’écoute ?
Plusieurs dispositifs permettent de parler à un professionnel lorsque l’on se sent dépassé :
- SOS Parentalité – 09 86 87 32 62 (appel non surtaxé)
- Allô Parents Bébé – 0 800 00 3456 (appel gratuit et anonyme)
- IRCEM (assistants maternels) – 0 980 980 990 (appel non surtaxé)
- 119 - Enfance en Danger – 119 (gratuit et accessible 24h/24, 7j/7)
Le 17 janvier 2022, le gouvernement français a lancé une campagne nationale « Stop bébé secoué » à destination du grand public, reprenant le #stopbebesecoue porté par notre association. Cette campagne rappelle que la prévention passe par une information claire, systématique, de toutes les personnes amenées à garder un bébé.
Mieux comprendre
Ce que le syndrome du bébé secoué n’est pas
Certaines idées reçues minimisent le danger et retardent le diagnostic. Voici ce que le SBS n’est pas.
❌ Un jeu un peu brusque
Faire l’avion, porter le bébé en le faisant doucement rebondir sur les genoux, le promener en poussette ou en voiture : ces situations ne provoquent pas les lésions caractéristiques du SBS.
❌ Une chute banale
Une chute de faible hauteur (table à langer, canapé, bras d’un adulte) ne génère pas les mêmes mécanismes ni le même type de lésions que le secouement violent.
❌ Un accident inévitable
Le secouement n’est jamais la seule option. Il existe toujours d’autres solutions : poser le bébé, demander de l’aide, appeler un proche, un professionnel ou une ligne d’écoute.
Prévention
Dépliant & affiche de sensibilisation
Nous mettons gratuitement à votre disposition nos supports d’information et de sensibilisation au syndrome du bébé secoué (format PDF). Diffusez-les largement pour améliorer la prévention sur le territoire !
Témoignages
Témoignages de familles et professionnels de santé
Découvrez les expériences vécues par des familles confrontées au syndrome du bébé secoué et les retours de professionnels de santé impliqués dans la prévention et la prise en charge.
Haute Autorité de Santé
Travaux et recommandations concernant le S.B.S.
La Haute Autorité de Santé (HAS) est une autorité publique indépendante à caractère scientifique. Son principal but est de développer la qualité dans le champ sanitaire, social et médico-social, au bénéfice des personnes.
Site internet HASEn 2017, la HAS et la SOFMER ont élaboré conjointement l’actualisation des recommandations de la commission d’audition de 2011 sur le thème du syndrome du bébé secoué. Cette recommandation précise la démarche diagnostique, le mécanisme causal et les aspects juridiques lorsque le diagnostic est évoqué ou posé.
Synthèse des recommandationsEn décembre 2019, interpellée sur sa recommandation sur le diagnostic du syndrome du bébé secoué, la HAS réaffirme l’importance de ses travaux et le rôle essentiel des professionnels de santé dans le repérage, le diagnostic et la prévention de ces maltraitances à enfant.
Accès au communiquéUn travail d'actualisation de ces recommandations est en cours et notre association, par le biais de notre Président, y participe. Les travaux devraient être rendus dans le courant de l'année 2026.
Références
Sources scientifiques et officielles
Cette page s’appuie sur des recommandations officielles et des études cliniques / épidémiologiques.
-
Haute Autorité de Santé (HAS). Syndrome du bébé secoué ou traumatisme crânien
non accidentel par secouement – Recommandations pour la pratique clinique,
juillet 2017.
Consulter le texte des recommandations (juillet 2017) - HAS & SOFMER -
Santé publique France. Les enfants victimes de traumatismes crâniens infligés
par secouement hospitalisés : analyse des données du PMSI, Bulletin
épidémiologique hebdomadaire (BEH), 2019.
Accéder au BEH en ligne -
Ministère des Solidarités et de la Santé. Syndrome du bébé secoué : une maltraitance
qui peut être mortelle, dossier de presse de la campagne nationale,
17 janvier 2022.
Consulter le dossier de presse de la campagne gouvernementale -
Inserm / AP-HP – Hôpital Necker-Enfants malades.
Abusive Head Trauma in Infants During the COVID-19 Pandemic in the Paris
Metropolitan Area, JAMA Network Open, 2022.
Communiqué de presse Inserm -
Association Stop Bébé Secoué.
Dépliants, affiches et outils de sensibilisation.
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