Le Syndrome du Bébé Secoué
Un acte de maltraitance qui touche plus de 200 bébés chaque année en France !

Le S.B.S. est un geste violent qui détruit des vies : celle de l’enfant victime mais également celles de ses proches.

Ne secouez jamais un bébé !

Le « S.B.S. » ? Que signifient ces trois lettres ?

Le Syndrome du Bébé Secoué, autrement dit le SBS (ou S.B.S.) est un traumatisme crânien grave. Il ne s’agit pas d’un accident mais d’un geste intentionnel extrêmement violent provoqué par un (ou plusieurs) secouement(s), avec ou sans impact.
Nous vous présentons en détail le mécanisme de secouement, les conséquences du Syndrome du Bébé Secoué, les symptômes qui doivent alerter et la sensibilisation au S.B.S. qui est à effectuer.

Le mécanisme de secouement et ses effets

Le mécanisme de secouement intervient lorsque le bébé est empoigné au niveau du thorax ou sous les aisselles, par l’adulte qui perd le contrôle et l’agite violemment.

Lorsque le bébé est secoué, sa tête se balance rapidement d’avant en arrière, et sur les côtés. Son cerveau frappe alors contre les parois de la boîte crânienne et les vaisseaux sanguins qui l’entourent se déchirent, saignent et entraînent des lésions cérébrales.

Le secouement est un acte volontaire d’une extrême violence infligé par un adulte dépassé, exaspéré, par les pleurs et face aux besoins d’un bébé. Il ne s’agit en rien d’un jeu effectué avec l’enfant, secouer n’est pas jouer ! Jouer n’est pas secouer un bébé !

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Garderont des séquelles irréversibles

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Des enfants secoués décèdent

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Des bébés victimes du SBS ont entre 0 et 6 mois

Les conséquences du S.B.S.

A ce jeune âge, le cerveau du bébé est en plein développement, les conséquences sont donc bien plus graves qu’elles ne le seraient pour un adulte.

Les séquelles du cerveau sont souvent importantes et définitives. Elles peuvent être immédiates ou, plus sournoisement, apparaître à mesure que l’enfant grandit. Dans tous les cas, les apprentissages de l’enfance sont perturbés. C’est seulement à la majorité que l’on peut établir un bilan des séquelles résultantes des secouements infligés.

En France, plus de 200 bébés seraient victimes de secouement(s) chaque année, donnée chiffrée largement sous-estimée, principalement par faute de diagnostic.

Le taux de récidive est élevé puisque 50% des enfants qui ont été secoués le sont à nouveau au moins une seconde fois.

D’après les études, un enfant sur cinq, victime du S.B.S., en décède.

Parmi les enfants qui survivent, 75% garderont des séquelles irréversibles qui peuvent être multiples et très handicapantes.

On retrouve des séquelles  :

  • Intellectuelles,
  • Comportementales,
  • Visuelles (pouvant aller jusqu’à la cécité complète),
  • Motrices (paralysies, des crises épileptiques légères – se manifestant sous la forme de tremblements – à des crises épileptiques lourdes, etc.).

Ces séquelles sont accompagnées de nombreux traumatismes pour l’enfant qui est la victime principale, mais aussi pour ses proches, victimes collatérales du S.B.S. (parents, frères et soeurs, grands-parents, amis, etc.). Quand l’enfant survit au Syndrome du Bébé Secoué, il arrive souvent que celui-ci soit temporairement retiré à sa famille dans le cadre d’une ordonnance de placement (en famille d’accueil ou en structure collective) dans les débuts de l’enquête judiciaire.

Un profil type du « secoueur » et de l’enfant secoué ?

Il est important de préciser qu’il n’y a pas de portrait-robot type d’un « secoueur ». Un bébé est susceptible d’être secoué par un homme ET par une femme, et ce dans n’importe quelle catégorie sociale.

La plupart du temps le bébé à moins de 1 an, et dans deux-tiers des cas moins de 6 mois.

Il y a des « facteurs risques » pour le bébé énoncés par la Haute Autorité de Santé (HAS) :

  • Sexe masculin
  • Prématurité ou complications médicales périnatales
  • Séparation mère/enfant en période néonatale
  • Grossesse multiple ou rapprochée
  • Grossesse non désirée
  • Pleurs inconsolables
  • Difficultés d’acquisition d’un rythme de sommeil régulier, troubles du sommeil
  • Difficultés alimentaires
  • Interventions antérieures des services sociaux

Tout savoir sur le SBS par @ped.urg (compte Instagram de Jules Fougère, étudiant en pédiatrie)

Les symptômes qui doivent alerter

Il est fondamental de protéger un bébé en diagnostiquant le Syndrome du Bébé Secoué afin d’en assurer une meilleure prise en charge et d’éviter la réitération de ce geste violent.

Voici une liste non-exhaustive de symptômes qui doivent vous alerter :

  • moins bon contact du bébé et modification de son tonus,
  • diminution de ses compétences (par exemple : il se tenait assis mais n’y arrive plus, etc.),
  • irritabilité prononcée,
  • léthargie,
  • trouble de la coordination,
  • extrême paleur,
  • augmentation trop rapide du périmètre crânien,
  • bombement de la fontanelle,
  • vomissements en jet (non accompagnés de fièvre et de diarrhées),
  • convulsions,
  • arrêts respiratoires,
  • perte de conscience,
  • regard figé sans réaction aux stimuli.

Ces symptômes n’apparaissent pas tous chez un bébé victime de secouements. De même, certains de ces symptômes peuvent être liés à tout autre chose que les secouements. Dans tous les cas, il ne faut prendre aucun risque et aller consulter un professionnel de santé. En effet, « il vaut mieux prévenir que guérir », d’autant plus lorsqu’aucune guérison n’est possible.

Le Syndrome du Bébé Secoué (S.B.S.) est une maltraitance encore trop méconnues en France. Il est donc primordial que tout un chacun sensibilise autour de lui et s’assure que s’il doit confier son bébé à un tiers, celui-ci soit également bien informé. La communication est le maître-mot pour lutter contre le S.B.S. et protéger des vies, en expliquant que quoi qu’il arrive ON NE SECOUE JAMAIS UN BEBE, cela peut le tuer ou l’handicaper à vie.

Secouer n’est pas jouer, secouer n’est pas calmer ! Ne secouez jamais un bébé !

La sensibilisation au S.B.S.

Afin de sensibiliser au S.B.S., et aboutir à une prévention efficace, il est primordial de rappeler qu’un bébé peut beaucoup pleurer dans les premiers mois de sa vie. Les pleurs lui permettent d’exprimer certains besoins, certaines douleurs et d’évacuer le stress accumulé dans une journée.

Pour calmer les pleurs de bébé, il est conseillé de :

  • lui parler et le bercer doucement,
  • lui donner à manger,
  • lui changer sa couche,
  • vérifier qu’il n’ait ni trop chaud, ni trop froid,
  • le masser,
  • lui donner un bain tiède.

Si les pleurs persistent et vous semblent anormaux, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé.

Si vous vous sentez exaspéré par les pleurs incessants du bébé, il est conseillé de mettre le bébé en sécurité (dans son lit notamment) et de quitter la pièce sans attendre pour retrouver votre calme.

Se sentir parfois dépassé est humain, cela ne fait pas de vous un mauvais parent ou un mauvais professionnel de la petite enfance. En revanche, un bébé est en danger dans les bras d’un adulte excédé. Passez le relai autant que vous le pouvez en contactant un proche ou un voisin.

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La Haute Autorité de Santé et ses actions

La Haute Autorité de Santé (HAS) est une autorité publique indépendante à caractère scientifique. Son principal but est de développer la qualité dans le champ sanitaire, social et médico-social, au bénéfice des personnes.

Pour se faire, elle travaille aux côtés des différentes parties prenantes : pouvoirs publics et professionnels. La volonté de la HAS étant d’optimiser les pratiques et organisations des professionnels au bénéfice des usagers (les patients).

La HAS a trois missions principales : évaluer les médicaments, dispositifs médicaux et actes en vue de leur remboursement ; recommander les bonnes pratiques, élaborer des recommandations de santé publique (ce qui est notamment le cas concernant le S.B.S.) ; mesurer et améliorer la qualité des hôpitaux, cliniques, médecine de ville et établissements sociaux et médico-sociaux.

En 2017, la HAS et la SOFMER ont élaboré conjointement l’actualisation des recommandations de la commission d’audition de 2011 sur le thème du syndrome du bébé secoué.

Cette recommandation de bonne pratique précise la démarche diagnostique (repérage, conduites à tenir, lésions observées, bilan clinique et para-clinique, diagnostics différentiels, critères diagnostiques), le mécanisme causal et la datation des lésions, ainsi que les aspects juridiques lorsque le diagnostic est évoqué ou posé.

En décembre 2019, interpellée sur sa recommandation sur le diagnostic du syndrome du bébé secoué, la HAS réaffirme, avec l’ensemble des organisations professionnelles et associations de patients qui ont été mobilisées pour les élaborer, l’importance de ses travaux et le rôle essentiel des professionnels de santé dans le repérage, le diagnostic et la prévention de ces maltraitances à enfant.

Elles refusent de laisser sans réaction la mise en cause de la compétence et de la probité scientifique de leurs experts.

Vous avez besoin d’écoute et de soutien ?

Vous êtes désemparé(e) face aux pleurs de Bébé ?

Un enfant est en danger ou est susceptible de l’être ?

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